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Instants critiques et futilités numériques

Prisoners

– Où sont vos soeurs ?

– Introuvables

Quoi de mieux lorsqu’il fait froid, gris et qu’on a rien à faire de son après-midi que d’aller au cinéma ? (la réponse est dans la question). C’est donc emmitouflé que je suis parti en compagnie de moi-même profiter d’une séance de ciné bien méritée (ça faisait longtemps). J’aurais pu aller voir « La vie d’Adèle » le film qui fait tant parler de lui, mais a vrai dire moi la vie d’Adèle pour l’instant je m’en cogne un peu. Par contre quand on m’a dit « un thriller de digne de Seven ou du Silence des agneaux avec Jackman et Gyllenhaal » je me suis dit « banco » voilà un truc bandant.

Et bandant ça l’a été.

Pour tout avouer la bande annonce m’avait déjà mis en appétit, l’ambiance du film avait l’air sombre au possible, Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman toujours aussi bons et les méchants avaient de sacrées têtes de psychopathes. Un régal en perspective.

jackman-prisoners

Les premières minutes du film posent le cadre. Bienvenue dans l’Amérique profonde, bien crade avec ses maisons sans double vitrage, ses gros 4×4 dégueulasses, son temps pourri et son lot de sociopathes. Vous voyez ? Mais si la Pennsylvanie, la région des Etats-Unis. Bref si vous voyez pas, fiez vous aveuglement à la description que j’en fais, c’est à ça que ça ressemble. Nous voilà donc en Pennsylvanie à suivre Keller Dover (Hugh Jackman) père justicier à la recherche de sa fille disparue. Parce que voilà, lors d’un diner entre pote de la même rue, les deux gamines des familles respectives sortent et…ne reviennent pas. Tout de suite on suspecte un espèce de dégénéré mental qui trainait dans le coin avec sa caravane. Le type (Paul Dano, très juste dans son rôle de psychopathe) a la gueule de l’emploi, avec un air à la Francis Heaulmes il est le coupable idéal. Mais voilà, il semblerait qu’il ne sache pas (ou qu’il ne veuille pas dire ou se trouve les deux gamines). C’est là qu’intervient l’inspecteur Loki (Jake Gyllenhaal, époustouflant !), flic de choc qui ne recul devant rien (et qui déteste l’échec). Commence alors un étrange bordel, ou chacun des protagonistes va chercher la vérité à sa manière…

En fait Prisoners est n’est pas vraiment un chef d’œuvre. Mais c’est un bon thriller. Denis Villeneuve le réalisateur (a qui on doit d’ailleurs le magistral « Incendies ») a voulu être trop ambitieux et on se rend compte tout au long du film que l’intrigue aurait mérité d’être plus cadrée. Ici on part dans tous les sens, finalement le film traite de plein (trop !) de sujets à la fois. La violence sans limite d’un père fou d’inquiétude, l’impuissance d’un flic qui n’échoue jamais, la haine pour la religion d’une mère endeuillée à jamais, les délires extravagants de ravisseurs d’enfants… Vous l’aurez compris il s’en passe des choses. Alors on assiste, assez impuissants à l’ascension de la violence, froide, implacable et justicière. Avec cette question qui rythme l’intrigue « jusqu’à quel niveau de violence suis-je capable d’aller pour répondre à la violence ? ».

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Finalement qu’est ce qu’on en retient ? Une ambiance très bien cadrée, qui nous rappelle l’univers glauque des rivières pourpres ou d’un mystic river. Un Jake Gyllenhaal au sommet de son art (pour les puristes vous noterez que pour le rôle Jake s’est équipé d’un tic aux yeux, qu’il cligne très régulièrement), des seconds rôles très en justesse et somme toute un moment plutôt agréable pour les amateurs de thrillers.

On regrettera quand même le manque de rigueur dans le scénario (qu’est ce que des serpents viennent foutre au milieu de l’histoire de rapt d’enfants…), l’histoire à la limite du cliché (un curé pédophile et justicier, une famille qui kidnappe des enfants à pour se battre contre dieu, un charpentier adepte du survivalisme et tortionnaire à ses heures perdues…). Et bémol dans ce casting, Hugh Jackman, qu’on arrive pas à trouver légitime dans son rôle de père meurtri. Soit c’est l’image de Wolverine qui lui colle trop à la peau, soit il est tout simplement pas assez « vrai » dans ce thriller sombre et dérangeant.

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Cette entrée a été publiée le octobre 10, 2013 par dans Films, et est taguée , , , , .

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