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Perfect Mothers

« Ils sont magnifiques. On dirait des jeunes dieux »

J’attendais beaucoup de Perfect Mothers. Parce que le scénario m’inspirait, et puis parce qu’on retrouvait en tête d’affiche Naomi Watts. Naomi Watts c’est juste l’une des actrices les plus brillantes de sa génération, quelque soit le rôle, quelque soit le film, Naomi Watts sublime tout ce qu’elle touche. Incroyable dans Mulholland Drive, touchante dans Le voile des illusions, excellente dans Les promesses de l’ombre et carrément époustouflante dans Funny Games U.S. Vous l’aurez compris je porte Naomi Watts en très haute estime. C’est donc frétillant d’impatience que je suis allé au cinéma accompagné de B.C non moins enthousiaste.

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Le film commence. Une séquence d’une dizaine de minutes nous livre en accéléré la vie de Lil (Naomi Watts) et Roz (Robin Wright), de leur amitié de fillette à leur complicité d’adulte, elles ont toujours été là l’une pour l’autre. Ce bref résumé des épisodes de leur vie s’arrête sur la cérémonie d’enterrement du mari de Lil. Heureusement, Lil peut compter sur Roz pour la soutenir, et Ian (le fils de Lil) peut compter sur Tom (le fils de Roz). Le contexte est posé : on a à faire à un sacré quatuor. Amis, confidents, mère, fils, voisins… leurs relations recouvrent beaucoup de dimensions, et ils en ont conscience, ils ne pourraient vivre sans les autres. Tout ce petit monde vivait paisiblement dans une baie australienne idyllique, où le soleil est toujours chaud, le sable toujours fin et la mer toujours turquoise (okay, ça semble logique, mais il était bon de le rappeler). Sauf que c’était sans compter plusieurs événements, le père de Tom (et donc mari de Roz… pour voir si vous suivez) obtient une promotion mais doit quitter le coin paradisiaque avec la promesse que sa femme et son fils le rejoindront. Manque de bol, notre quatuor dorénavant vraiment seul, va en profiter pour se poser des questions existentielles.

Et ça commence par le jeune Ian qui se rend compte qu’il éprouve peut être plus que de l’affection simple pour la mère de son pote. Alors qu’il reste un soir dormir chez Tom et que la lueur de la lune effleure son corps musclé de surfeur (et soyons honnêtes, nos deux jeunes acteurs ont des corps de rêve), Ian se retrouve au pieux avec Roz. Oui oui, comme ça d’un seul coup, elle le voit allongé, il se lève l’entraine dans sa chambre et hop. Tout à fait absurde me direz vous, et cramponnez vous car ça ne s’arrête pas là. Tom, pris d’insomnie, se lève pour prendre un rafraichissement dans la cuisine et voit sa mère quitter la chambre d’ami ou Ian dort. Ni une ni deux il fuit vers la plage pour trouver refuge (les surfeurs c’est des mecs qui préfèrent dormir sur la plage quand ils ont un problème…). Au réveil il a trouvé une manière d’accepter ce qu’il s’est passé : aller coucher avec Lil la mère de Ian, et bien sur il y arrive (non sans avoir été repoussé à deux reprises par cette dernière qui refusait de croire que sa meilleure amie avait vraiment couché avec son fils). Bon je ne vous fais pas un dessin, cette première partie du film va un peu vite et ne nous laisse pas le temps de comprendre la complexité des relations qui unissent les personnages.

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Qu’à cela ne tienne. Nouvelle séquence accélérée et on saute 2 ans dans le futur (à croire que le but de la réalisatrice Anne Fontaine -une française- était de montrer la vie des gens du début à la fin). Le quatuor coule la vie parfaite, loin du regard des gens (parce que oui entre temps Roz a divorcé de son mari). Bref, je vais pas raconter tout le film parce que ce serait trop long mais vous avez compris le principe.

Un peu déçu en définitive de ce que j’espérais pouvoir qualifier de chef d’œuvre. Le duo Naomi Watts/Robin Wright est parfait, l’une et l’autre très justes dans leur rôle de mères et amantes, débordants d’amour maternelle pour l’un, de passion et de désir pour l’autre. L’un et l’autre c’est Xavier Samuel (Ian) et James Frecheville (Tom), plutôt moyens, pas vraiment charismatiques, pas vraiment convaincants non plus. Ils sont jeunes, ils sont beaux, mais ils ont l’expressivité d’une huitre (quoique une huitre peut être très expressive en vérité).

Passons les acteurs, le fond du problème ne vient pas du casting. Le fond du problème c’est une mauvaise gestion du temps dans le film. On aurait aimé pouvoir plonger au cœur de ce quatuor aux relations particulières (et dérangeantes pour certains), les suivre dans leurs états d’âme, dans leurs questionnements, dans leur colère aussi. Mais non, tout va trop vite, si bien qu’on se retrouve avec un Ian et un Tom mariés et pères (mais toujours épris de leurs maitresses couguar). On aurait aimé qu’Anne Fontaine prenne son temps, et qu’elle nous livre comme une confession intime ce film qui est presque trop prévisible. On aurait aimé un scénario à la hauteur des deux actrices au premier plan.

Quand je vous disais que le décors était paradisiaque... il a l'air plutôt serein notre quatuor a bronzé..

Quand je vous disais que le décors était paradisiaque… il a l’air plutôt serein notre quatuor à bronzer..

Relativisons en disant qu’on ne passe pas un mauvais moment, le film vaut quand même le coup d’œil, d’autant que certaines scènes sont époustouflantes en termes de cadrage photographique (le contexte s’y prête aussi, on est d’accord).

En conclusion Perfect Mothers peut être, mais surement pas Perfect Movie.

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Un commentaire sur “Perfect Mothers

  1. B.C
    avril 10, 2013

    Je suis entièrement d’accord sur le problème de gestion du temps dans le film. Avec en prime quelques passages … bien trop « gros », prévisibles ou « avortés » (pourquoi se battent-ils dans l’eau ?) à mon goût.
    Je trouve qu’on en est réduits à devoir interpréter les -potentiels- ressentis des personnages et non à les connaître vraiment !

    Ps : ne sois pas jaloux, un jour tu auras leur corps de rêve 😉

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Cette entrée a été publiée le avril 8, 2013 par dans Films, et est taguée , , , , , , , , , , , , .

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