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Nom latin : hipstericus scandalus modernus

Dans les années 50, des sociologues, anthropologues et autres mots se terminant en « logue » firent une découverte exaltante : le hipstericus. Inintéressants les dinosaures, démodée l’origine de la terre, passée l’évolution de l’espèce, maintenant le sujet de conversation ce sera le hipstericus. Et pour cause il y a à dire sur la bêbête.

Le hipstericus (ou hipster dans le langage vulgarisé) est un mammifère de type « homme » ou « femme » dont les premiers individus ont été découverts aux États-Unis. Dans les années 1950, alors que la ségrégation raciale était encore d’actualité, de jeunes individus Testhipsterblancs s’intéressèrent peu à peu aux codes du monde du Jazz (qui était à cette époque composé uniquement de noirs). Petit à petit, ces jeunes blancs adoptèrent à la fois les codes vestimentaires mais aussi les pratiques de cette population. Pour faire simple, les hipsters étaient de jeunes intellos désireux de tester des nouvelles choses dans une vie de bourgeois qui leur paraissait bien fade. Déjà à l’époque, les scientifiques et aventuriers en tout genre furent très inquiets de l’existence de cette catégorie d’individus, de nombreux plans furent élaborés pour mettre fin à cette tendance aussi stupide qu’incompréhensible. Mais bon, le monde sortait d’une guerre violente, et tout le monde souhaitait se reconstruire. Les hipsters survécurent.

On entendit plus trop parler du hipstericus, il sombra peu à peu dans l’oubli, laissant tantôt sa place à d’autres étranges découvertes, le hippie par exemple.

Le monde allait bien : plus de crise monétaire, plus de pollution, les chinois avaient même arrêté de tuer les baleines. Les libellules et les papillons étaient les amis des hommes et vice versa.

Malheureusement une terrible tragédie devait venir chambouler cet ordre mondial : le retour du hispericus.

Dans les années 2000 les premières mises en garde de certains spécialistes nous mirent la puce à l’oreille. Et puis l’évidence fut : on avait retrouvé des spécimens de hipstericus. Et pire, leur évolution en aurait fait une sorte de résultat raté, tout dégueulasse de leurs ancêtres de 50 (qui, je vous l’accorde, étaient déjà pas chouettes). Cette nouvelle sous-race fut classifiée comme le hipstericus scandalus modernus.

J’ai rencontré le professeur Onlaizorasaibatarre, spécialiste du genre ethnique à l’université de la Sorbonne à Paris. Il m’a donné les outils nécessaires pour analyser le phénomène et en dresser un constat (alarmant).

Les hipsters sont de dangereux marginaux devenus, par un énorme malentendu, une mode. Ils représentent une catégorie de la population, plutôt jeune, plutôt aisée, et (malgré ce qu’on peut croire) plutôt instruite. Malheureusement leur goût prononcé pour la médiocrité, l’absence de réussite et même une complaisance générale à la masturbation intellectuelle font d’eux des individus ô combien méprisables.500px-Clochardhipster

Le hipster c’est ce mec que tu as déjà croisé dans le métro, mince, portant un pantalon en velours, des mocassins (assez usés, mais c’est pour faire genre) un gilet en grosses mailles et un nœud papillon abominable. Il porte des lunettes (souvent disproportionnées comparées à son visage de dandy) même s’il n’a aucun problème de vue, ne se sépare jamais de son écharpe acheté dans une friperie (c’est le mot pour pas dire « squat dégueulasse plein de clochards qui essayent de te refourguer des vêtements miteux »). Il complète son look par des bretelles (alors que son pantalon tient très bien) et par une sacoche en toile made in commerce équitable (qui provient en fait de H&M). Vous voyez que vous l’avez déjà croisé ! Vous vous êtes dit « c’est une bonne chose qu’il y ait des gens avec des styles différents sur cette terre », mais ça c’était avant de croiser quelqu’un avec exactement le même style 5 minutes plus tard.

Mais le problème n’est pas là, le problème est dans la pratique. Derrière les nœuds papillons sans style, les mocassins ridicules et autres accessoires pathétiques, le hipster possède une ouverture au monde qui frôle l’incitation à la haine. Le hipster c’est le mec que tu vas retrouver dans toutes les boutiques vintage en quête d’un vinyle, parce que tu peux pas test écouter un vinyle c’est bien plus classe que d’écouter un cd ou pire, d’écouter la musique sur son ordinateur. Donc le hispter met des sommes astronomiques dans des vinyles, dont il prend grand soin (pour lui un vinyle des Beatles ça a plus de valeur qu’un Magritte). Le hipster adore les photos instagrammées, vous savez, cette application qui permet de rendre les photos absolument imbuvables à grand coup de sépia sans gout et autres effets « vieillo ».

Finalement, le hipster c’est quelqu’un qui adore se différencier, notamment en renouant avec tout ce qui est ancien. Il préfèrera toujours Maryline Monroe à n’importe quelle actrice contemporaine (sans pour autant avoir jamais vu aucun film de la blonde sulfureuse, ah si, peut être « pou pou pidou » me dit-il). Il adorera vous parler de jazz (mais oui tu sais, quand y’a de la trompette). Mais surtout, surtout, il se gargarisera de ses découvertes inutiles. Et pour vous voici une liste de choses que peut faire un hipster :

–          Décider de se mettre au patin à roulettes (pas les rollers attention !)

–          Organiser une soirée hula hoop ou corde à sauter avec ses potes hipsters

–          Siroter du thé commerce équitable bio en lisant un album de Tintin (le moins connu, sinon ça fait pas bien)

–          Devenir végétarien, parce que « on nous ment dans les médias »

–          Parler pendant des heures de comment c’était mieux avant (mais avant quoi sérieux ?) sachant qu’ils étaient pas nés à ce moment là

–          S’amuser à customiser  de la vaisselle avec des perles et de la peinture (parce que c’est trop IN de faire des travaux manuels)

Bref autant d’activités qu’ils seront ravis de faire. Mais attention, si jamais quelqu’un d’autres à cette idée avant eux, ils l’abandonneront (on ne se mélange pas avec la masse diraient ils).

Hipster Girl by katekillet

Mais le pire de tout ça, l’innommable parmi l’indicible, le truc tellement incompréhensible que ça en est presque nauséeux, c’est la mode de la moustache et de tout le buisness à gerber qu’il y a autour. Arrêtez avec vos teeshirts sur lesquels on retrouve une photo en noir et blanc  d’une personnalité (bien souvent qui n’a rien fait de sa vie) avec…une moustache.

Demain vous verrez, la nouvelle mode sera de tondre la moitié du crane, et ces gens là seront les premiers à le faire, pourquoi ? Ca tu peux pas comprendre, t’es pas assez mainstream…

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2 commentaires sur “Nom latin : hipstericus scandalus modernus

  1. Bhaalil Smith
    mars 21, 2013

    Epique! On se rend compte qu’ils pulluent dans notre monde…

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Cette entrée a été publiée le mars 18, 2013 par dans Actu, et est taguée , , , , , .

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