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Django Unchained

«–          Quel est ton nom ?

–          Django. Le « D » est muet

Les puristes du genre diraient « quoi de mieux pour commencer l’année 2013 que d’aller voir le dernier Quentin Tarantino ?». Malheureusement je ne suis pas de ceux là. Pour moi, la filmographie de Tarantino vogue entre le génie cinématographique et le navet grotesque. J’étais tombé amoureux de Pulp Fiction, avais apprécié sans plus les Kill Bill et étais resté déçu de Boulevard de la mort et de Inglorious Basterds (ce dernier beaucoup trop hooliwoodien à mon gout).

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Mais chaque chose en son temps. J’ai négligé ce blog (honte à moi) ces derniers temps, vacances et trêve de Noël m’obligeant à freiner ma cadence de publication (pourtant déjà pas très élevée). Nous voilà donc en 2013 (bonne année, bonne santé, patati, patata, meilleurs vœux et tous les trucs qu’on dit en sachant que trois jours après on aura oublié), année qui je l’espère, sera riche de sujet d’articles (des bons, et des très mauvais aussi). J’avais envie que ce premier article de 2013 traite d’un film, et pour cause, quelques perles filmographiques ont attiré mon attention en ce début d’année. Etant un fervent admirateur (voire adepte) de Paul Thomas Anderson, il m’apparaissait logique d’aller voir le tant attendu The Master, mais les horaires de programmation des cinémas lyonnais étant ce qu’ils sont, je n’ai pas encore eu le temps (et je vous dis pas tout le bien que je pense de ces fameux horaires).

Me voilà donc en compagnie de BC pour aller voir Django Unchained. Pas vraiment impatient, pas non plus réticent, je sais à quoi m’attendre (du Tarantino) et ça ne me dérange pas plus que ça.

Le film commence. Trois coups de feu, deux corps exagérément sanguinolents hurlent de douleur sur fond de répliques quasi burlesques. Le grand Quentin appose d’emblée sa signature. Mais seul Quentin Tarantino sait faire du Quentin Tarantino, et ça, le film va nous le prouver pour notre immense satisfaction.

On retrouve à la tête du casting le duo Christoph Waltz/Jamy Foxx, le premier chasseur de prime malicieux et humaniste, le deuxième esclave taiseux et assoiffé de vengeance. Le scénario est pas très poussé (donc correspond bien à l’image qu’on peut se faire d’un western), Waltz (Dr Schültz) cherche trois hommes à qui Foxx (Django) a déjà eu à faire en tant qu’esclave. Si Foxx accepte de l’aider, ils iront ensuite tous les deux chercher la femme de l’ancien esclave pour la délivrer des griffes de ces bâtards de blancs esclavagistes.

Nos deux compères parcourent donc le monde afin de tuer allégrement des criminels pour gagner de quoi subsister. Des coups de feu, des membres arrachés, l’omniprésence du sang par dizaines de litres à chaque scène de fight, c’est à cette « dérision » de la violence qu’on reconnait la patte du réalisateur. Les dialogues (souvent absurdes), les plans des caméras et les situations nous rappellent la stupéfaction jouissive à la découverte de Pulp Fiction. Je n’arrivais plus à retrouver cet aspect du Tarantino de Pulp Fiction dans ses derniers films, voilà qu’avec Django il me prouve qu’il n’a pas changé. Il fait parti de ces quelques réalisateurs, dont le visionnage des 5 premières minutes permet de déterminer qui est le papa du bébé cinématographique qu’on regarde (les frères Cohen sont de ceux là aussi).

Django-UnchainedDjango Unchained c’est aussi la présence du brillantissime DiCaprio, splendide dans son rôle d’esclavagiste instable psychologiquement. Sans oublier l’incroyable prestation de Samuel Lee Jackson (qui a pris quelques rides depuis Pulp Fiction) en vieil esclave pro-escalavage, aigri, docile aux blancs mais plein de rancœur pour les noirs (surtout ceux qui sont libres). A eux seuls le quatuor d’acteurs font de Django un film très divertissant (on ne voit pas les trois heures passer) à tel point que leur jeu relègue carrèment le scénario au second plan. Finalement on s’en fout de la chute du film, tant qu’on nous laisse assister aux interactions entre nos quatre talentueux acteurs. Un film agréable à voir donc, qui (me) permet de renouer avec un réalisateur qui perdait petite à petit sa crédibilité à mes yeux. Bien sur le  tout sublimé par une bande son digne d’un…Tarantino.

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4 commentaires sur “Django Unchained

  1. Bhaalil Smith
    janvier 21, 2013

    Je me sentais pas vraiment chaud pour aller le voir mais là je pense que je vais faire un effort…à suivre…

  2. cha
    janvier 22, 2013

    On ne voit pas les trois heures passer ? Mon dieu. Moi, si. On en parlera la prochaine fois 😉

  3. RUDOLF HESS
    janvier 24, 2013

    Un article bien construit pour saluer un chef d’oeuvre…c’est le minimum !

  4. Ricé Soncho
    mars 17, 2013

    Oui, ce film est un grand film. Bien sûr, le réalisateur est un grand cinéaste. Mais au-delà des effets et de l’histoire elle-même, je crois que ce film montre avec brio et sérieux dans ce cadre très cinématographique, la réalité de l’esclavage et de ses horreurs, de l’inhumanité de celles et ceux qui l’ont pratiqué ainsi que la société assez délirante de l’Amérique du XIX ème siècle.

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Cette entrée a été publiée le janvier 17, 2013 par dans Films, et est taguée , , , , , , , , .

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