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Instants critiques et futilités numériques

Dans la maison

« Tu trouves pas ça choquant qu’un élève de seize ans écrive un truc pareil ? »

Je ne suis pas très content. Déjà parce que je m’étais promis de rédiger en moyenne deux billets par semaine et que le dernier date d’il y a plus de deux semaines. Et ensuite parce que je reviens d’une séance très décevante.

Avec M. on est allé voir Dans la maison de François Ozon (oui oui le réalisateur du médiocre Potiche), plein d’espoir que le film soit à la hauteur des critiques. Deux heures plus tard le résultat n’est pas celui escompté.

© Mars Distribution

Claude Garcia, jeune élève de seconde, semble doté d’un sérieux don pour l’écriture. Don qui suscite l’intérêt de son professeur de français Germain Germain (ce n’est pas une répétition, le personnage s’appelle vraiment comme ça). Au travers des travaux scolaires rédactionnels, Claude va se rapprocher de son camarade de classe, Rapha, dont la famille et la maison l’obsède. Poussé par son prof, fasciné par le talent littéraire (qu’il n’a jamais eu) du jeune homme, Claude va aller de plus en plus loin dans l’approche de cette famille, jusqu’à interagir avec ses personnages et provoquer des événements réels.

Le synopsis est plaisant, il était en tout cas prometteur. Un scénario original, entre thriller et drame interprété par une myriade d’acteurs talentueux (Emmanuelle Seigner et Kristin Scott Thomas en tête). Mais voilà, le fond n’est pas là. Le film manque de dynamisme. Le début laisse planer le mystère, l’intrigue, le tout porté par un jeune acteur encore peu connu, Ernst Umhauer (une belle carrière qui l’attend), aussi angélique que machiavélique. On suit Claude, dans sa relation voyeuriste avec la famille de Rapha (la « famille normale » comme il l’appelle, celle que lui non plus n’a jamais eu) et dans sa relation de maître à élève avec Germain² (sans vraiment savoir tout au long du film, qui est le maître et qui est l’élève). Le prof c’est Fabrice Luchini, pas très convaincant dans son rôle de lecteur passionné de la description malsaine d’une famille vue au travers des yeux d’un ados sociopathe. Pas très convaincant non plus comme mari intello-bobo dont la femme (Kristin Scott Thomas, décevante et trop absente) tient une galerie d’art remplie d’œuvre porno-artistiques.

Le film est assez long, on voudrait qu’à l’instar des commentaires offerts à Claude par Germain, il se passe plus de choses. Au final on se retrouve nous aussi confronté au spectacle de cette famille normale, et normal ca l’est durant tout le long du film. Ennuyant donc car François Ozon n’a pas su faire rebondir son intrigue.

On notera quand même du coté du plaidoyer la superbe performance d’Ernst Umhauer, pervers narcissique exquis et d’Emmanuelle Seigner, la femme si singulière de la classe moyenne, très bonne dans son rôle de ménagère plein de rêves dans une vie maussade.

La fin est néanmoins décevante, pour le coup ca va trop vite, sous prétexte de nous offrir une chute digne d’un polar noir, le réalisateur nous balance un dénouement fade et trop précipité.

Si j’avais su à quoi m’attendre en allant voir Dans la maison, je ne serai pas rentré…dans le cinéma (ça fait depuis le début de l’article que j’attends de caller cette phrase).

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Un commentaire sur “Dans la maison

  1. Mérédith Liétard
    mars 26, 2013

    Je partage totalement la critique dont la fin est excellente à contrario de celle du film (que nous avons vu hier)

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Cette entrée a été publiée le novembre 5, 2012 par dans Films, et est taguée , , , .

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