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Welcome to Boardwalk Empire

Avec ce blog je m’étais fixé comme contrainte de ne pas parler de films, séries ou phénomènes divers sortis avant 2012. Alors je me suis retrouvé bête en me lançant dans l’aventure Boardwalk Empire, parce que j’avais très envie de parler de cette série, mais qu’elle était sortie en 2010. Cependant, la troisième saison (en cours) étant sorti en 2012, c’est avec une joie non feinte que je commence la rédaction d’un billet (élogieux je l’espère).

L’annonce de Boardwalk Empire il y a deux ans avait été prometteuse. On nous annonçait un casting digne d’un film à gros budget (Steve Buscemi, Michael Pitt et Kelly McDonald en tête d’affiche), le premier épisode réalisé par le grand Scorsese lui-même, à la production on retrouvait le talentueux Mark Wahlberg et surtout dans le rôle du papa de la série monsieur Terrence Winter (scénariste de la série Les sopranos). Beaucoup de beau monde donc, d’autant que HBO qui est à la base du projet nous proposait une bande annonce époustouflante (que je vous invite à regarder au plus vite), dont la musique présageait une BO des plus travaillées. Une promo du tonnerre qui laissait croire que la série serait un chef d’œuvre visuel.

Et deux ans et trois saisons plus tard je crois qu’il faut avouer que HBO ne nous a pas menti.

© HBO

Boardwalk Empire c’est les Etats Unis des années 20, la fin de la première guerre mondiale et surtout le début de la prohibition… ah la prohibition, quelle époque juteuse pour la pègre locale. Plus une goutte d’alcool autorisée, de nombreux alambics clandestins qui voient le jour, et le besoin que des gens prennent tout ce petit monde en main. Enoch Thompson (nucky pour les amis, et ils sont nombreux…), trésorier de cette ville de détente et de jeu qu’est Atlantic City, buisnessman (« parfois » véreux) de tous les jours a bien compris les enjeux de cette prohibition. Nucky c’est Steve Buscemi (Reservoir Dogs, Fargo, The big Lebowski), parfait dans ce rôle d’homme de conviction mais peu scrupuleux, de personnage public sympathique et d’entrepreneur impassible. La performance de Buscemi est liée à la présence dans la série de Michael Pitt (dont on a su apprécier l’incroyable talent dans Last Days de Gus Van Sant et dans Funny Games US de Haneke), interprétant Jimmy Darmody fraichement revenu de la guerre des tranchées ou il y a laissé une partie de son humanité (ça vaut mieux pour bosser dans la mafia). Destiné à de hautes études en littérature, Darmody (alors petit protégé de Nucky) avait préféré fuir les Etats Unis en s’enrôlant dans l’armée (et ce pour des raisons que vous ne découvrirez qu’en vous plongeant dans la série). Voilà que de retour au pays, Jimmy voudrait bien rentrer dans les « affaires », et c’est comme ça que débute l’incroyable histoire de la prohibition au travers de la série.

Boardwalk Empire c’est surtout le tableau de la société américaine des années 20-30, où la pauvreté, les problèmes d’immigration (les Irlandais, Italiens et Polonais se retrouvent entassés à Brooklyn) contrastent avec l’argent rapide et l’ascension facile de ceux qui se lancent dans le « trafic ». On est balloté entre Atlantic City, New York, Chicago et Philadelphie, quatre hauts lieux du commerce d’alcool. La série met en jeu de nombreux personnages historiques avec une précision très appréciable, Al Capone (interprété brillamment par Stephen Graham), Arnold Rotsthein, Lucky Luciano, Meyer Lansky, les plus grands mafieux du XXe siècle sont présents, sans jamais tomber dans le cliché facile d’un Scarface.

On peut toutefois reprocher à la série de parfois trainer en longueur, les épisodes de 50 minutes, l’incroyable diversité de personnages et d’histoires entremêlées ne sont pas toujours évidents à suivre, bien que la qualité visuelle, sonore et scénique soit irréprochable.

HBO (qui semble surfer sur une vague de succès avec son dernier bébé Games of Throne) livre ici une série digne de la trilogie du parrain de Francis Ford Coppola et qui se régénère à chaque saison sans jamais s’essouffler. La prohibition, ca a du bon !

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6 commentaires sur “Welcome to Boardwalk Empire

  1. Pingback: The Walking Dead « ChroniKulture

  2. Ileana
    novembre 13, 2012

    Personnellement, je trouve que HBO est la meilleure chaîne de Séries US.
    Contrairement à CW qui a tendance à verser dans la série Teenager (même si je les regarde quasiment toutes pour le plaisir), HBO diffuse de vraies histoires, avec des scénarios fisselés.
    En tant que représentante de la gente féminine, je prends comme bon exemple la série True Blood, qui tord le cou aux idées reçues sur les séries sur les vampires, réputées mièvres (souvent à juste raison), avec une intrigue ô combien passionnante, des personnages ô combien haut en couleurs et des rebondissements ô combien nombreux. Le tout sur fond « trash » (scènes de sexe et vocabulaire non censurés, violence, sang, drogue, etc.) pour réserver la série à un public beaucoup moins prépubère que celui de Vampire Diairies (qui a tout de mêmes ses atouts) par exemple.

  3. chronikulture
    novembre 13, 2012

    Clairement HBO a su s’orienter vers un public « adulte », c’est aussi je pense ce qui fait le succès de ses séries. Après pour n’avoir jamais regardé ni Vampire Diairies ni True Blood j’aurais du mal à juger, si ce n’est que depuis Twilight, le vampire sexy ça vend. Avec de bonnes ou de mauvaises surprises. Mais effectivement j’ai entendu pas mal de critiques positives de True Blood.

    • Iléana
      novembre 13, 2012

      Je t’y encourage vivement, déjà parce que le casting est ouf et la série top. Totalement asexuée, et c’est aussi ce qui fait son charme, quand la plupart des séries vampires sont quand même ultra ciblées sur le public féminin. Et incomparable avec les Twilight, Vampire Diairies, et j’en passe.

  4. Antoine
    novembre 21, 2012

    Je sais pas si vous connaissez College Humor mais ils ont mis en ligne un diagramme de Venn baptisé HBO Programming Breakdown. Il consiste à catégoriser sur un graphique les séries cultes de la chaîne payante américaine selon trois critères : la présence de sexe, de violence et la bonne réception critique.

    Rappelons que College Humor est comme son nom l’indique un site humoristique, inutile donc pour les puristes comme vous d’enrager en voyant certains classiques télévisuels réduits à des critères aussi triviaux 🙂

    diagramme ici : http://www.collegehumor.com/article/6534666/venn-diagram-hbo-programming-breakdown

    D’après le diagramme de College Humor, seuls quatre programmes réunissent les trois critères cités plus tôt : Les Soprano, le Trône de Fer, Deadwood et Boardwalk Empire. Là encore, on peut ne pas vraiment saisir pourquoi des séries acclamées par la presse comme Rome, Oz ou True Blood sont absentes de l’espace « bien reçu par la critique », mais comme dit précédemment, pas la peine de s’arracher les cheveux pour si peu…

    • chronikulture
      novembre 21, 2012

      Diagramme intéressant. Il semblerait que college humor livre la recette d’une bonne série : du sexe et de la violence 🙂

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Cette entrée a été publiée le octobre 20, 2012 par dans TV show, et est taguée , , , , , , .

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