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Elles

« Ca te rend complètement folle cette recherche sur les putes, t’es sure que tu ne devrais pas aller voir un psy ? »

« Elles » c’est un film français sorti en février 2012 qui traite de la prostitution étudiante. Le thème avait déjà été abordé dans « mes chères études » diffusé par Canal+ en 2010. La réalisatrice Malgorzata Szumowska a choisi pour aborder ce tabou, Anne (Juliette Binoche), journaliste vertueuse qui va à la rencontre de ces « prostituées » et qui balance entre le dégout, l’incompréhension et la compassion maternelle. Jusque là le film était prometteur, au casting Anaïs Demoustier que l’on avait vu briller dans « D’amour et d’eau fraîche » aux cotés de Pio Marmai, Joanna Kulig avec un jeu simple et efficace et Louis-Do de Lencquesaing très bon dans son rôle de mari absent et de père inefficace.

© Haut et Court

Pourtant, dès les premières minutes du film on sent que le sujet va être mal traité. Et c’est le cas. Le scénario volontairement décousu en devient lourd, l’alternance d’interviews et de vie familiale est pompant, et les clichés sont omniprésents. Juliette Binoche incarne le stéréotype de la bobo contemporaine, paumée, pressée, complètement névrosée et pas du tout attachante. La suite logique du film est à revoir, Anne journaliste plein de valeurs mais sans aucune prise de recul sur son travail, n’est pas capable de faire la part des choses entre ses problèmes personnels et le sujet de son reportage. Elle appréhende ses entretiens avec les « putes » avec mal être, elle se laisse entrainer dans la propre vie de ses filles au travers de leur témoignage. Et ça la hante encore une fois chez elle.

Les 1h30 de film passent lentement, comme si la réalisatrice n’avait pas su quoi dire, certaines scènes sont interminables et terriblement ennuyeuses. Dédicace spéciale à la scène de masturbation de Juliette Binoche sans aucun doute stimulée par son article, et préférant s’adonner seule aux plaisirs sexuels plutôt que d’en profiter avec son mari qui la dégoute (en fouillant dans son pc elle découvre des sites porno, s’en suit un drame familial).

Bref, le style est maladroit, le sujet de la prostitution étudiante relégué au second plan tandis que les aléas de la vie sentimentale de la famille bobo sont mis en avant. On relèvera quand même la prestation (trop courte) de Joanna Kulig, touchante dans son rôle d’étudiante russe prostituée. A part ça le film est navrant, on s’y ennuie du début à la fin.

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Cette entrée a été publiée le septembre 8, 2012 par dans Films, et est taguée , , , .

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